| My Jazzy Child - The Drums
Clapping Music / Clap017 / CD / 12€
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Saying that Damien took aka My jazzy Child his time to record The Drums would be a euphemism, as those 32 intense and dense minutes of music asked for 6 whole years of day-to-day invention, heaven-sent studio time, abandoned grand projects and rescue mission of lost audiofiles imprisoned in dying computers. Describing this hazardous process, one will be awed by what one hears: a super dense, coherent and fierce little gem of a record, which sounds like it was conceptualized from its overture to its finale. There’s also some key idea, exposed in the title but not hearable in all tracks, which kind of holds it together: the use, both as bone-structure and horizon, of fragments of drums sounds removed from rehearsals with King Q4 or old tracks from metalcore band Botch. And a whole lotta rock music. And non-rock too. The rest is indeed in keeping with 6 years of passing time and opportunities: “The Escape” was entirely orchestrated by label mate Orval Carlos Sibelius”, “Suicide with Style” was recorded with live and direct a band, while most other songs were recorded in various home locations, sitting in front of the amplifier and of the computer.
Hearing those labyrinthine and paradoxically harmonious songs, amnesiacs as well as neophytes will also be awed to discover (or rediscover) one the most densely populated universes of the French Underground, as a whole arch of libertarian and solar music genres throb in this album’s afterthoughts: Albert Marcoeur, Swans, The Residents, the Microphones (which Damien claims he “barely knows of”), Ethiopian pop music, stoner rock, early Norwegian black metal, Van Morrison and even Lou Reed, the most famous ballad of which is impressionistically quoted in the fake cover of “Perfect Day”. Hearing those intimate polyphonies and bursts of formal brilliance, veterans will also acknowledge the fact that Damien doesn’t merely speak through other people’s songs and recognize the inimitable blueprint of an old friend – or, at least, of an eminently singular talent. Both as a comeback and a newcomer’s act, The Drums belongs to the kind of artistic statements that one simply cannot overlook
C’est un euphémisme de dire que Damien Mingus aka My Jazzy Child a pris son temps pour enregistrer The Drums: ces 32 minutes intenses sont le fruit de six ans d’invention et de respirations au jour le jour, de one-shots providentiels, de fichiers rescapés de disques durs défoncés et de grands projets avortés. Et à décrire ce processus passablement hasardeux, on croît à peine ce qu’on entend : un bijou de densité, de fortitude et de cohérence qui semble avoir été conceptualisé des méandres lumineux de son ouverture (« The Escape ») jusqu’à l’implosion obscure de son final (« Never Look Back »). Il faut aussi avouer qu’une idée directrice, exposée par le titre mais pas audible à toutes les pistes, oriente plus ou moins le disque : l’usage, en ossatures et en horizons, de fragments de batteries, tombés d’une répét avec KingQ4 ou d’un disque du groupe metalcore Botch. Et puis une sacrée dose de rock. Quoique. Il faut dire que le reste est à l’avenant du temps qui passe : « The Escape » a été entièrement arrangé par son ancien acolyte au sein de centenaire Orval Carlos Sibelius, « Suicide With Style » a été enregistré en groupe, live & direct, et la plupart des autres chansons ont été enregistrées ici ou là, devant l’ampli et le séquenceur.
Les amnésiques comme les néophytes seront tous ébahis de découvrir ou redécouvrir dans ces chansons labyrinthiques et paradoxalement harmonieuses l’un des univers les plus densément peuplés de l’underground parisiens ; car dans les arrière-pensées de The Drums, c’est un véritable arc-en-ciel de musiques libres et solaires qui palpite. On ne vous tentera pas au jeu de rôles, mais comme ça, juste pour vous allécher, on vous liste: Albert Marcoeur, Swans, les Residents, les Microphones (qu’il dit « à peine connaître »), la musique éthiopienne, le black metal norvégien, le stoner américain, Van Morrison et même Lou Reed, cité en filigrane sur une vraie fausse reprise impressioniste de « Perfect Day ». Les vieux briscards reconnaîtront aussi que Damien est loin de ne parler qu'à travers les chansons des autres, et seront heureux de reconnaître dans ces polyphonies intimes, ces éclats formels et ces feulements vacillants la patte inimitable d’un vieil ami ou – au moins – d’un talent qui manquait terriblement. Welcome ou welcome back, The Drums est de ces prises de parole si singulières qu’on ne peut simplement pas les ignorer.
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